Ma vérité.

Le suicide d'amis proches, d'amis moins proches et de gens que j'admire de loin me frappe durement. Chaque fois. La mort est un sujet qui me donne des frissons. Le suicide encore plus. Parce qu'à 30 ans, je ne suis pas sure de bien comprendre le but de mon existence ni de la vie en général. Je ne sais pas si c'est ma sensibilité qui me fait douter. Je ne suis pas en dépression, mais plusieurs fois par semaine je dois me parler, me ressaisir. Car mon cerveau pense beaucoup trop et m'envoie des idées désagréables. Comme quoi je ne suis pas assez intelligente, pas assez cultivée, pas assez talentueuse. Trop sensible, trop émotionnelle. Pas assez forte, pas assez rationnelle. 

Je suis ma meilleure amie et ma pire ennemie. Et je pouffe de rire quand on me dit: "Ah toi Léa tu es tellement confiante tu fonces et tu fais une belle vie." Pardon? Je n'ai pas confiance en moi sur plusieurs points et c'est parce que mon cerveau n'arrête pas de me rabaisser que je me bats et finis par foncer. 

Je prends 5 minutes pour te raconter ça aujourd'hui parce que je n'ai aucune honte à partager mes faiblesses. Je prends moins le temps de le faire avec Beauties parce que je suis obsédée à partager du beau et du bon pour remplir ma vie et ta vie d'inspiration positive, mais ça ne veut pas dire que chez moi tout est rose. J'ai eu une enfance correcte, mais mes parents n'étaient pas là. Je suis devenue très indépendante, très vite. J'ai fait énormément de drogues à partir de l'âge de 12 ans, des mauvais coups. Mais je pétais des scores à l'école et j'étais passionnée par mon sport-études en danse alors ça m'a sauvé.

J'ai cumulé les relations de couple. toujours laissé les gars. Parce que j'ai trop peur de l'engagement et de l'inconnu qui vient avec. Je suis une control freak. Même aujourd'hui, avec mon chum. on se chicane souvent, mais on tente d'évoluer le plus possible en tant que couple et comme individus. C'est pas le chemin le plus facile, crois-moi. 

Je fais des crises d'angoisses et j'ai un fond de stress omniprésent. J'ai consulté une psychologue, je fais de l'acupression et je vois un naturopathe/kinésiologue. Il y a des choses que je n'arrive pas à oublier et à pardonner. Il y a des détails sur lesquels je n'arrive pas à lâcher prise. Je vois tout, j'entends tout, je me sens folle des fois.

Je suis fatiguée, épuisée. Je travaille non-stop depuis que j'ai 18 ans. Plusieurs projets en même temps. Travailleur autonome. Stress et décisions. Je suis brûlée mais je me sens mal de l'exprimer parce que "je fais dont bin une belle vie." Est-ce qu'on peut se parler des vraies affaires? Est-ce qu'on peut se tenir et se parler? Se rappeller qu'il existe des sources d'aide et qu'il ne faut pas lâcher. Si tu souffres, le suicide n'est pas ta seule option. Parle de ce que tu ressens. 50% de ton problème sera déjà réglé. Ton entourage, Tel Aide et Suicide Action Montréal sont là.

Tu aspire peut-être comme moi à devenir une Kate Spade ou un Anthony Bourdain. Mais finalement, on devrait peut-être juste aspirer à être la meilleure version de nous possible, en focusant sur l'équilibre, en acceptant l'imperfection et en lâchant la pédale du gaz. En se répétant la phrase que je me suis fait tatouer...

Take all the time you need and let yourself be.

May all their souls rest in peace.

xo Lea