Les Abbruzes, partie 1.

Hey! Tant qu'à prendre de votre précieux temps pour lire l'article... Je me suis dit qu'une ambiance sonore serait pas désagréable!

Des fois, j'ai envie de m'éclipser. Changer d'air et ne pas avoir d'obligations, de rendez-vous, de souper avec des amies ni de courriels à répondre. Retourner quelque part entre le primaire et le secondaire, avec le moins de responsabilités possible. Pour moi, le meilleur remède à cette écoeurantite aigue de la vie qui va trop vite est une escapade chez mes parents dans la région des Abbruzzes, en Italie. 

 Crédit GIF : https://giphy.com/

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Non non! Mes parents ne sont pas milliardaires, ni célèbres. C'est la maison familiale de Nino, mon deuxième papa. Quand il avait 15 ans, il est parti de l'Italie vers l'Allemagne pour pouvoir travailler, envoyer des sous à ses parents et leur permettre de bâtir cette maison-là. L'Italie était un pays très pauvre dans les années 50.

 Crédit photo : www.reflectim.fr

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C'est la quatrième fois que j'y mettais les pieds et chaque fois, je vie un voyage complètement différent, avec un regard distinct. Une chose est comparable : avec la façon dont mes parents prennent soin de moi, j'ai vraiment l'impression d'avoir maximum 10 ans. Je vous jure, ils voulaient même pas que je prenne l'autobus entre l'aéroport et la maison... Alors ils sont venu me chercher et on a roulé littéralement à travers les montagnes, à grands coups de tunnels et de vue pittoresques. Vous vous rappelez peut-être du tremblement de terre qui avait fait 400 morts dans une ville universitaire en 2009? C'était à l'Aquilla. Bref, on passe par là aussi. Et on arrête toujours au même autogrill, manger le même sandwich à la mortadelle avant de s'enfiler un espresso bien serré pour reprendre la route. 

Deux heures et une sieste plus tard, on était à la maison et ma mère commençait déjà la popotte. Poulet au four avec petites pommes de terre, romarin, zeste de citron et huile d'olive. Mais attendez. Le poulet goûte meilleur, le romarin est encore plus parfumé, le citron encore plus frais, l'huile encore plus délicieuse. Comme je disais, je deviens l'adolescente larve qui ne fait rien à part la vaisselle. Alors pendant que maman cuisinait, j'ai juste défait ma valise, lavé mon corps qui sentait l'avion et j'ai entendu Nino crier mon nom :" Léa! Viens goûter les bonnes figues!". C'est avec ses grosses mains qui ont trop travaillé dans le passé qu'il m'a cueillie une figue. Elle était collante, tellement mûre que le jus sortait et créait une texture mielleuse. Je pense que c'est mon fruit préféré. Avec du pecorino et du prosciutto, ça fait un pas pire snack... Sur leur terrain, vous pouvez trouver des arbres à kaki, clémentines, citrons, figues, oliviers. JE SAIS, c'est le paradis. C'est avec la télé italienne en fond sonore, une robe de chambre bien douillette, un feu de foyer et le livre "La vie devant soi" de Romain Gary, que je me suis endormie. 

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Samedi

Ma mère voulait aller faire le marché, le plus tôt possible pour avoir du choix. Aussi parce qu'elle est toujours pressée d'aller en quelque part, même quand personne l'attend. Comme les trois mousquetaires, on a déambulé en petite Fiat dans les collines des alentours. Castelnuovo, Cellino. Le bord de la mer adriatique. Puis le marché. Les gourganes, les fruits de mer, les pommes de terre, les poires. 

De retour vers la maison, ma mère a préparé une bonne soupe minestrone. La meilleure, la recette de Nino qui était dans un des livres de recette de Josée Di Stasio. Elle était venue chez nous à St-Bruno quand j'avais environ 14 ans, pour un tournage. Nino devait montrer sa recette de pâtes aux rapinis et soupe minestrone. Je comprenais pas vraiment... "Pourquoi est-ce qu'il y a une équipe de 10 personnes qui viennent voir mon père faire une soupe?" Lol. J'ai fini par comprendre. On mangeait vraiment bien chez moi. Bref, on a mangé de la soupe, et on est allés se promener au village de Castelnuovo sur le bord de la mer. J'avais envie de magasiner. Mmmm. Soit que c'est laid et cheap, ou c'est beau et beaucoup trop cher. Alors je me suis consolée avec un tiramisu à 2 euro et plus tard, dans une bonne vieille friperie, je me suis trouvé un manteau Max Mara à 35 euro au lieu de 1200. Le soir, ma mère a cuisiné des pâtes aux fruits de mer. Pendant ce temps-là, je suis allée chiller avec les animaux. 

Dimanche a été une des plus belles journées de toute ma vie. On est parti vers le parc national du Gran Sasso et Monti della Laga qui se trouve dans la chaîne Appenin et qui s'étend sur 150 000 hectares. Des montagnes, des vallées, des hautes-plaines à 1700 mètres d'altitude. On a roulé tranquillement à travers des paysages majestueux et grandioses : j'ai beau vous montrer des photos, ça ne rend pas justice. Il y a aussi une station de ski et l'hôtel de Campo Imperatore à 2 150 mètres d'altitude, où Mussolini a été emprisonné en 1943.

Attendez, c'est pas fini... Mes parents m'ont amené dans une petite maison ou un monsieur vendait son propre pecorino, fromage italien au lait de brebis. On a acheté un gros morceau pour la semaine et pour compléter notre picnic. On s'est arrêtés au Ristoro Mucciante, en plein milieu de f*ck all. On a acheté un saucisson et des arrosticini, de délicates brochettes de viande de brebis, qu'on fait cuire nous-même sur des barbecue au charbon. Nino avait apporté son huile de piment fort, c'était magique.

C'était un moment magique, parfait. J'ai même pu faire une balade à cheval... Ensuite, on a pris un petit café et on est reparti vers les petits villages authentiques dans les montagnes.